Parcours

Bornes historiques

Je suis entré dans l’enseignement en 2000. Pendant plusieurs années, j’ai été enseignant de français et de Littérature dans le scolaire, de la Cinquième à la Terminale. J’y ai enseigné le programme du Baccalauréat français.

En parallèle, et à partir de 2008, j’ai rejoint le monde universitaire en tant qu’enseignant-chercheur au sein de nombreuses institutions de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth. La multiplicité du public étudiant (domaines de la médecine, de l’orthophonie, de la traduction, de l’éducation, de la gestion et de la littérature) m’a permis d’être confronté à diverses disciplines et à adapter mes cours en fonction du pôle récepteur.

Après avoir soutenu ma thèse en Littérature générale et comparée à la Sorbonne nouvelle (2013), j’ai décidé de poursuivre un D.U. en Pédagogie universitaire – méthodes actives et innovantes (2015). Ma vision pédagogique a depuis été modifié par l’apprentissage acquis grâce à ce D.U. Il existe clairement un avant et un après 2015.

Jusqu’à 2015, j’ai considéré que j’étais un passeur de connaissances. Les étudiant.e.s ont été pour moi des âmes dont j’ai la charge et que je dois, tel Prométhée (quelle modestie !), éclairer. Un savoir doit leur être transmis afin de les élever (voilà pourquoi ils se nomment aussi « élèves » !). Toutefois, mon métier a été, et l’est toujours, une mission que je prends réellement à cœur. Je conçois la salle de classe comme un espace où la réflexion libre doit être à l’œuvre, sans aucun tabou : chacun a le droit d’y exprimer ses aspirations, ses pensées, ses analyses sans jugement aucun ni de ma part ni de celle des autres ; chacun a également le droit de ne pas vouloir apprendre. En revanche, tout le monde a droit aux clés qui lui permettront d’évoluer, ces clés étant des méthodes de travail qui fonctionnent comme autant de recettes à suivre. Ceci m’a d’ailleurs permis de développer une certaine technicité mise au service des étudiant.es qui peuvent s’appuyer sur la méthodologie afin de mieux construire leur apprentissage.

Depuis 2015, une autre vision s’est installée. Si certains principes déjà cités sont bien implémentés, il faut reconnaître que ma pédagogie et mon lien à la didactique se sont transformés. Aujourd’hui, ce n’est plus le contenu du cours qui est au centre de ma façon de faire mais l’étudiant.e, l’apprenant.e auquel/ à laquelle je transmets non seulement des connaissances (qu’il pourrait facilement trouver sans moi, grâce à Internet) mais surtout des compétences précises liées à l’analyse, à l’évaluation et, surtout, à la création avec un regard réflexif et cognitif. L’apprentissage est ainsi collaboratif entre l’étudiant.e et moi, mais également entre les étudiant.e.s. puisque cette génération qui fonctionne en réseau profite particulièrement du peer teaching. Cette pédagogie coopérative favorise le mentorat et a un effet notable sur le rendement de l’apprentissage.